Arrêtez
votre politique contre les personnes malades.
Par Dryeyes- (01/07/08). http://keratos.free.fr
- http://preservative.free.fr
- et le site chroniques
associés
Membre du forum Défense
Handicaps
Paris, le 25 juin 2008,
Arrêtez votre politique
contre les personnes malades ! Nous ne sommes pas
des consommateurs boulimiques de médicaments
! Nous participons chaque jour en payant lourdement
de notre poche ! Nous ne sommes ni coupables ni
irresponsables !
L’annonce d’un
nouveau projet de l’assurance maladie de ne
plus rembourser qu'au taux de 35 % les médicaments
à vignette bleue actuellement pris en charge
à 100 % pour les personnes en ALD (Affection
longue durée), avec comme objectif de faire
de nouvelles économies sur la vie des personnes
les plus durement touchées par la maladie,
est un scandale.
Ce projet s’attaque
directement au plus faibles des faibles, aux plus
exclus des exclus : les malades chroniques.
La vague des médicaments déremboursés
ces dernières années correspond par
exemple à des fluidifiants bronchitiques,
des antidiarrhéiques, des expectorants, des
anti-histaminiques, etc.
La plupart de ces médicaments déremboursés
n’ont bien entendu pas d’équivalents
génériques et sont absolument in-dispen-
sa-bles aux personnes malades chroniques.
Ce projet s’ajoute
à tant d’autres à la charge
uniquement des patients.
« Les économies sont faites au détriment
de notre santé, au détriment de notre
vie quotidienne, au détriment de notre espoir
d’avenir ! »
Si les malades chroniques en ALD bénéficient
de ces médicaments pris à charge à
100%, c’est bien parce que ces médicaments
sont considérés comme irremplaçables
et absolument nécessaires à leur état
de santé ! Le remboursement à 35%
(vignette bleue) par l’assurance maladie concerne
par définition des médicaments destinés
aux maladies sans caractère habituel de gravité
et dont le Service médical rendu (SMR) n’a
été reconnu ni comme majeur, ni comme
important.
Il s’agit la plupart
du temps de traitements dits symptomatiques ou de
traitements dits de confort. Sur quel critère
l’assurance maladie peut-elle juger que certains
médicaments indispensables (donc pris en
charge à 100%), bénéficient
du jour au lendemain d’un Service médical
rendu (SMR) insuffisant pour continuer à
être pris en charge en totalité (et
ainsi diminuer sa prise en charge à 35%)
?! « Le remboursement à 100% de certains
de nos médicaments repose sur une raison
de gravité évaluée par un médecin
prescripteur concernant un risque vital ou invalidant
grave, et non sur un quelconque privilège
! »
Les Chroniques Associés
observent la multiplication des déremboursements
de médicaments avec une inquiétude
croissante, participant à une augmentation
importante des dépenses à la charge
uniquement des personnes atteintes de maladies chroniques
quelque soit leur revenu (franchises
2004, franchises 2008, forfait hospitalier, dépassements
d’honoraires des médecins, etc.).
Cette tendance lourde grève de manière
drastique les budgets des familles, alors que les
personnes sont pourtant théoriquement prises
en charge à 100% en raison de la gravité
et de l’impact de la maladie dans leur vie
quotidienne. De nombreux économistes le savent,
alors répétons-le : moins sont prises
en charge les dépenses de santé des
malades chroniques à court terme, plus leur
santé se dégrade et plus les soins
coûtent cher à la collectivité
à long terme. Ce sont immanquablement des
hospitalisations plus fréquentes et onéreuses.
Jouer sur le budget des familles, déjà
fortement précarisées par la maladie
chronique, met en difficulté les personnes
les plus fragiles.
Alors répétons-le
: être malade chronique c’est être
abonné à des dépenses de santé
lourdes à vie, et non de manière ponctuelle.
« Cette prise en charge dite à 100%
est bien liée au caractère grave de
notre état de santé ! » Le désespoir
des malades augmente du fait de l’ambiance
générale de culpabilisation et du
prétexte de responsabilisation des personnes
atteintes de maladies chroniques en ALD.
Les discours culpabilisant et soi-disant responsabilisant
se multiplient chaque jour, parfois sous-entendus,
parfois proclamés haut et fort, et qui heurtent
chaque jour un peu plus les personnes malades, déjà
pourtant suffisamment stigmatisées au quotidien.
« Nous, malades chroniques, serions responsables
du trou de la sécurité sociale !?
» Les grèves de soins et les grèves
de la faim décidées par des personnes
malades opposées aux franchises médicales
en début d’année ont trouvé
un écho dans l’opinion qui déplore
de voir ces personnes mettre leurs vies en péril
pour combattre à leur façon des décisions
publiques qui restent incompréhensibles.
Ce sont les associations de personnes malades qui
ont mis toutes ensemble leur énergie pour
arrêter ce mouvement historique de grèves.
Aujourd’hui, de
nombreuses décisions sont prises dans le
dos de ces personnes et nos associations continuent
de recevoir chaque jour des témoignages de
personnes exprimant une exaspération, un
ras-le-bol et une souffrance commune face à
une réalité quotidienne de plus en
plus difficile. Alors répétons-le
: les maladies chroniques touchent 15 millions de
personnes, c’est-à-dire 20% de la population
française en 2007 (source : chiffre 2007
du ministère de la santé et des solidarités)
!
« Nous, malades chroniques, devons-nous pour
survivre aujourd’hui devenir des combattants
de demain en adoptant des modes d’actions
extrêmes pour se faire entendre ? »
Il y a URGENCE :
- urgence à contrer la multiplication des
déremboursements des médicaments et
des soins par l’assurance maladie
- urgence à endiguer les dépassements
d’honoraires pratiqués outrageusement
par certains médecins
- urgence à réduire l’exclusion
des personnes par les assurances et les mutuelles
en raison du caractère chronique des maladies
- urgence à prendre en compte les ressources
des personnes qui sont exclues du marché
du travail et qui ne peuvent plus travailler en
raison de leur état de santé, des
stigmatisations et des discriminations
- urgence d’arrêter le discours de culpabilisation
et de responsabilisation des personnes malades chroniques
- urgence de considérer l’avis des
associations de personnes atteintes de maladies
chroniques directement concernées par les
décisions publiques
- …
Contacts presse :
Anthony Gouas (AIDES) : agouas@aides.org ? 01 41
83 46 53 et 06 35 50 04 50
Clémence Tourneur (NAFSEP) : clemence.tourneur@nafsep.org
? 05 34 55 77 00
Muriel Papin (Vaincre la Mucoviscidose) : mpapin@vaincrelamuco.org
? 01 40 78 91 75
Caroline Pascault et Camille Piger (FNAIR) : cpi@wellcom.fr
? 01 46 34 60 60
Coordination Chroniques associés (AIDES)
: lloste@aides.org ? 01 41 83 46 63
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